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L'actu IA du 6 novembre 2026 : Anthropic à 17 milliards par trimestre, OpenAI réduit sa levée et ChatGPT à 20 % de Google

Anthropic déclare 17 milliards de dollars de revenus au T3, OpenAI réduit sa levée à 20 milliards, Meta emprunte et ChatGPT pèse 20 % des requêtes de Google.

Alexandre9 min de lecture
Crédit : CNBC / AFP
Anthropic a déclaré 17,0 milliards de dollars de revenus sur le troisième trimestre 2026, contre 1,4 milliard un an plus tôt, dans la version amendée de son formulaire S-1. Le même document chiffre à 895,4 milliards de dollars ses engagements d'achat et de location, presque entièrement consacrés au calcul et aux infrastructures.
Dans le même temps, OpenAI ramène sa levée de fonds de 30 à 20 milliards de dollars, Meta emprunte sur les marchés obligataires à des taux plus élevés qu'en avril, et OpenAI affirme que les requêtes de recherche passant par ChatGPT atteignent environ 20 % du volume de Google. Google, de son côté, coupe Search aux écoles qui refusent ses outils d'IA.
Décryptage.

ChatGPT revendique 20 % du volume de recherche de Google

OpenAI affirme que les requêtes déclenchant une recherche web dans ChatGPT équivalent à environ 20 % du volume de Google, avec 1,2 milliard d'utilisateurs hebdomadaires, contre 1 milliard soixante jours plus tôt. Le chiffre est une estimation d'OpenAI, annoncée le 2 novembre, sans source indépendante pour le volume de Google.
Illustration : OpenAI et la recherche

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Crédit : The Verge
Adam Fry, responsable produit grand public de ChatGPT, a présenté ces chiffres lors d'un événement presse, rapporte The Verge. La métrique compte toute requête qui déclenche une recherche web, et non les seules requêtes assimilables à une recherche classique. Fry a précisé les chiffres à Big Technology, sans dévoiler l'origine du volume de référence attribué à Google.
Le volume de requêtes ne se convertit pas mécaniquement en revenus : Google tire toujours l'essentiel de ses recettes publicitaires de Search. Sur le terrain du développement, la bascule vers des interfaces où l'on pose une question plutôt qu'on ne parcourt une liste de liens avait déjà été décrite dans l'actu IA du 24 octobre.
Google, justement, vient de répondre sur un terrain où il détient un avantage de distribution : l'école.

Google désactive Search pour les écoles qui refusent ses outils d'IA

Google désactivera Gemini, Gemini Notebook, Gemini dans Classroom et Search sur les comptes élèves de la maternelle au lycée aux États-Unis, sauf activation explicite par les administrateurs. Une école qui refuse les outils d'IA perd donc aussi Search, selon des déclarations de Google au New York Times.
Illustration : Google et l'IA dans les écoles

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Crédit : Ars Technica
Chris Phillips, vice-président éducation chez Google, justifie le choix par l'intégration profonde de la recherche et de l'IA. Les établissements pourront choisir Gemini standard ou un mode « Guided Learning », conçu pour guider l'élève sans donner la réponse. Google commence à tester ce mode dans une sélection d'écoles américaines ce mois-ci (Ars Technica, The Verge).
Le moteur de recherche sert ici de levier : une fonctionnalité que presque aucun établissement ne peut retirer est liée à une autre, optionnelle jusque-là. Ce couplage rappelle les débats antitrust sur les ventes liées, sans qu'aucune procédure ne soit mentionnée à ce stade.
Pendant que les plateformes lient leurs produits, l'infrastructure du web cherche à régler une autre question : qui a le droit de s'entraîner sur les contenus publiés.

Google, Microsoft, OpenAI et Anthropic soutiennent un seul signal robots.txt contre l'entraînement

Les 30 et 31 octobre, Google, Microsoft, OpenAI et Anthropic ont annoncé leur intention de respecter un signal unique dans le fichier robots.txt pour refuser l'entraînement de leurs modèles. Un brouillon a été déposé auprès de l'IETF, l'organisme qui maintient le protocole d'exclusion des robots, avec Microsoft et OpenAI en première ligne.
Illustration : une règle robots.txt pour tous les fournisseurs d'IA

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Crédit : Coywolf
Jusqu'ici, un éditeur devait écrire une règle par robot : GPTBot, ClaudeBot, Google-Extended, et ainsi de suite. Le brouillon, intitulé « Machine-Readable Training Preference Signal » et rédigé par Kevin Kelley, responsable technique standards chez Anthropic au sein du groupe de travail AI Preferences de l'IETF, définit un jeton unique que les fournisseurs participants liraient comme la préférence du site (Search Engine Journal). Microsoft et OpenAI prévoient de l'implémenter dans les prochains mois, Google l'an prochain.
Les limites sont documentées : il s'agit d'un brouillon individuel et non d'une norme approuvée, et le respect d'une préférence robots.txt reste volontaire (Coywolf). Les recours juridiques (licences, droit d'auteur) ne changent pas.
Côté chiffres, la question de la valeur des contenus pèse d'autant plus que les montants engagés dans l'entraînement atteignent désormais des niveaux inédits, comme le montrent les documents financiers publiés cette semaine.

Financement de l'IA : le S-1 d'Anthropic, la levée réduite d'OpenAI et l'emprunt de Meta

Anthropic déclare 17,0 milliards de dollars de revenus au troisième trimestre 2026 et 895,4 milliards de dollars d'engagements de calcul. OpenAI réduit sa levée à 20 milliards de dollars pour 1 250 milliards de valorisation. Meta emprunte au moins 15 milliards de dollars en obligations, à des taux supérieurs à ceux d'avril.
Illustration : OpenAI et le financement de l'IA

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Crédit : Tech Funding News

Anthropic : 17 milliards de dollars sur un trimestre, 895 milliards d'engagements

Le 2 novembre, Anthropic a déposé une version amendée de son formulaire S-1 (le document d'enregistrement qu'une entreprise remet à la SEC avant une introduction en Bourse). La version initiale ne couvrait que le premier semestre. Selon CNBC, le troisième trimestre affiche environ 17 milliards de dollars de revenus et une perte nette de 23,29 milliards. Sur neuf mois, les revenus atteignent 33,24 milliards de dollars, soit environ 1 200 % de plus qu'un an plus tôt, pour une perte nette de 104 milliards, en grande partie liée à la variation de juste valeur d'obligations convertibles et de dérivés.
Le S-1/A déposé auprès de la SEC détaille la mécanique : une marge opérationnelle de moins 3 % (perte opérationnelle de 567 millions de dollars) contre moins 224 % un an plus tôt, une marge opérationnelle ajustée de 15 % (2,5 milliards de dollars) et plus de 11 900 clients à plus de 100 000 dollars de revenus sur douze mois, contre environ 400 en mars 2025. Le total des engagements d'achat et de location atteint environ 895,4 milliards de dollars, dont « la quasi-totalité » concerne le calcul et l'infrastructure.
Le premier dépôt, le 26 octobre, avait été traité dans l'actu IA du 1er novembre. Le prix, le nombre d'actions et la valorisation restent à fixer.
Regarder « Un GÉANT de l'IA va entrer en bourse - QUB » sur YouTube

OpenAI : 20 milliards de dollars visés au lieu de 30

Le 30 octobre, le Financial Times a rapporté qu'OpenAI réduisait sa levée à environ 20 milliards de dollars, contre 30 milliards visés, à une valorisation de 1 250 milliards, inférieure aux 1 400 milliards évoqués fin septembre (Tech Funding News). Le Wall Street Journal indique que les engagements recueillis tournent autour de 11 milliards de dollars, soit moins de la moitié de l'objectif initial (WSJ).
Un consortium des Émirats arabes unis, dont le fonds MGX, doit être le premier participant, avec une option de location de capacités de calcul dans la région (Forbes). Selon Bloomberg, le revenu annualisé d'OpenAI (le run-rate, c'est-à-dire le revenu du dernier mois multiplié par douze) approchait 50 milliards de dollars fin septembre. À 1 250 milliards, la valorisation représente environ 25 fois ce chiffre. La levée intervient avant l'introduction en Bourse d'Anthropic, attendue à la mi-novembre selon plusieurs médias.

Meta : une émission obligataire à des taux plus élevés

Illustration : Meta et son émission obligataire

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Crédit : The Next Web
Meta cherche à lever au moins 20 milliards de dollars en obligations, dont au moins 15 milliards en dollars et une première émission en euros, selon Bloomberg relayé par The Next Web. Les obligations à 30 ans sont discutées autour de 2,5 points au-dessus des bons du Trésor américain, soit près de 0,9 point de plus que lors de l'émission d'avril.
Les marchés réagissent : les obligations de Big Tech se négocient à l'écart le plus large avec le reste du crédit de bonne qualité depuis 2003, après près de 430 milliards de dollars émis depuis l'an dernier. S&P a révisé la perspective de Meta à négative, avec une note maintenue à AA-. Meta prévoit 135 à 145 milliards de dollars de dépenses d'investissement en 2026 et affiche 825 milliards de dollars d'engagements de location et de contrats, d'après Quartz.
Regarder « Anthropic en bourse : dernière introduction record avant le krach ? - Boursorama » sur YouTube
Une partie de ces engagements se répercute désormais sur la facturation des utilisateurs : OpenAI a annoncé une refonte de ses quotas pour décembre.

ChatGPT et Codex partageront un seul quota de tokens dès décembre

À partir de décembre, les abonnements Plus, Pro et Business d'OpenAI puiseront dans un quota unique de tokens couvrant ChatGPT et Codex. Le chat instantané reste hors quota. Le changement, publié dans le centre d'aide d'OpenAI le 31 octobre, fait de l'usage des agents l'unité de mesure des plans grand public.
Illustration : les agents d'OpenAI et leur consommation de calcul

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Crédit : The Decoder
Un token est le fragment de texte (environ trois quarts d'un mot) que les modèles lisent et produisent, et l'unité sur laquelle les API facturent. Selon l'article du centre d'aide d'OpenAI, la consommation dépend du modèle choisi et de la tâche demandée. Jusqu'ici, la conversation et les agents de code avaient des limites distinctes.
Regarder « ChatGPT et Codex : une seule limite d'usage dès décembre - IA Express » sur YouTube
Pour les développeurs, la conséquence pratique est de mesurer sa consommation avant décembre. Le blog a documenté ce travail de mesure côté Claude Code (diviser par 2 sa consommation de tokens), et l'architecture des agents explique pourquoi une session de refactoring peut peser plus lourd qu'une semaine de conversation (architecture des agents de code IA).

Autres actus en vrac

CrowdStrike rachète Fiddler AI et Dreadnode : deux startups spécialisées dans la sécurisation des agents IA, pour environ 495 millions de dollars selon les montants rapportés par la presse spécialisée.
Fal double sa valorisation à 16 milliards de dollars : la plateforme d'inférence a levé 1,3 milliard de dollars, menés par Bessemer, avec Nvidia au tour de table. Elle indique 800 millions de dollars de revenus annualisés et avait dû limiter l'accès de ses clients cet été faute de capacité (TechCrunch).
GPT-6 Astra a conçu un appareil matériel en moins d'une semaine : OpenAI indique que le modèle a produit boîtier, circuit imprimé, firmware et interface, sans modification humaine directe. Plusieurs cycles de révision ont été nécessaires, faute de prise en compte des tolérances de fabrication (The Decoder).
Stanford : 44 % des affirmations citées sur les LLM sont périmées : en retestant 50 affirmations sur 20 modèles sortis entre juillet 2024 et septembre 2026, Owen Queen et James Zou obtiennent une durée de vie moyenne de 15,7 mois (Stanford).
Brookfield et Drax visent un centre de données de plus de 1 gigawatt : investissement estimé à plus de 20 milliards de livres (27 milliards de dollars), avec les 100 premiers mégawatts visés pour début 2028 (communiqué de Drax et Brookfield).
OpenAI recrute l'ancien secrétaire à l'Armée Dan Driscoll : poste de conseiller principal pour la modernisation de la sécurité nationale (CNBC).
OpenAI se prépare à une introduction en Bourse possible en 2027 : le président Greg Brockman indique que l'entreprise pose les jalons réglementaires et comptables pour être prête à cet horizon (TechCrunch).
Anthropic lance Personal Finance dans Claude : l'outil analyse les relevés bancaires et catégorise les dépenses, en s'appuyant sur MCP et l'appel d'outils (TechCrunch).

Conclusion : l'IA se finance désormais en public

Les chiffres publiés cette semaine viennent de documents réglementaires et de marchés obligataires, plus que de démonstrations produit. Un S-1 oblige à chiffrer les engagements. Une émission obligataire révèle le prix que les investisseurs demandent. Une levée réduite montre où se situe l'appétit.
Dans le même temps, les usages continuent de progresser : 1,2 milliard d'utilisateurs hebdomadaires pour ChatGPT, plus de 11 900 clients à plus de 100 000 dollars de revenus pour Anthropic. La prochaine échéance publique est l'introduction en Bourse d'Anthropic, attendue à la mi-novembre selon plusieurs médias. OpenAI, de son côté, évoque une préparation pour 2027.
Alex

À retenir

  • Anthropic déclare 17,0 milliards de dollars de revenus au T3 2026 et 895,4 milliards d'engagements de calcul
  • OpenAI vise 20 milliards de dollars au lieu de 30, pour une valorisation de 1 250 milliards
  • Meta emprunte au moins 15 milliards de dollars en obligations, avec des écarts plus larges qu'en avril
  • Google, Microsoft, OpenAI et Anthropic soutiennent un signal robots.txt unique contre l'entraînement
  • ChatGPT et Codex partageront un quota de tokens unique dès décembre

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