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Meta lance Muse, Muse Code et Muse Glimmer : panorama de sa nouvelle gamme d'IA

Muse, l'agent personnel de Meta inspiré d'OpenClaw, a attiré 500 000 utilisateurs en 7 jours. Modèles, prix, accessoire Muse Charm, disponibilité : ce qui sort et quand.

Alexandre19 min de lecture
En janvier 2026, Nat Friedman installe OpenClaw, l'agent open source que Peter Steinberger a bricolé pour piloter son ordinateur à sa place. Friedman dirige alors les produits de Meta Superintelligence Labs, la division que Mark Zuckerberg a montée à coups de milliards six mois plus tôt. Quelques semaines plus tard, il commande des centaines de Mac mini pour son équipe, histoire que chacun fasse tourner son propre agent. Huit mois plus tard, le 22 septembre, il le raconte lui-même à TechCrunch :
"We built Muse from scratch, but it is definitely heavily inspired as a product by OpenClaw. After I used OpenClaw in January, I bought hundreds of Mac minis for the MSL team." Nat Friedman, head of product, Meta Superintelligence Labs (TechCrunch)
Entre-temps, Muse est devenu l'application numéro un de l'App Store américain et a attiré 500 000 utilisateurs en une semaine. Dix-huit mois plus tôt, Meta sortait Llama 4, un lancement si mal reçu qu'il a déclenché la plus grosse réorganisation de l'histoire de son labo d'IA. Comment Meta a-t-il remonté la pente en dix-huit mois ? J'ai relu les billets officiels, les résultats financiers, les entretiens de presse et quelques centaines de commentaires de développeurs pour reconstituer le chemin, jusqu'au porte-clés que Zuckerberg a sorti de sa poche à Connect.

Avril 2025 : le lancement de Llama 4 qui a tout déclenché

Le 5 avril 2025, Meta publie Llama 4 en pleine fin de semaine. En quelques jours, les développeurs découvrent que la version de Maverick classée deuxième sur LMArena n'est pas celle qu'ils peuvent télécharger. La version publique chute vers la 32e place, le plus gros modèle, Behemoth, est reporté, et les développeurs se mettent à douter des chiffres de Meta.
Le billet de lancement promettait beaucoup : trois modèles (Scout, Maverick et Behemoth), une architecture en mélange d'experts, c'est-à-dire un modèle découpé en sous-réseaux spécialisés dont seuls quelques-uns s'activent à chaque requête, et une fenêtre de contexte de 10 millions de tokens pour Scout. Sur le papier, Meta rattrapait OpenAI et Google tout en gardant ses poids ouverts.
Le problème est apparu, justement, dans le classement LMArena, la plateforme où des internautes votent à l'aveugle entre deux réponses de modèles. Maverick y affichait un ELO de 1417, deuxième place mondiale. Sauf que la version testée portait une mention discrète : « experimental chat version ». En gros, une variante optimisée pour plaire aux votants, plus bavarde, plus enjouée. Quand LMArena a évalué le Maverick « vanilla », celui que tout le monde pouvait télécharger, il est tombé autour de la 32e place, derrière des modèles sortis un an plus tôt, comme l'a relevé Yahoo Finance.
Simon Willison, développeur et auteur d'un des blogs les plus lus sur les modèles de langage, a passé le week-end de la sortie à tester les modèles. Quand on relit ses notes du 5 avril, on y trouve un lancement déroutant, sans papier technique, avec des modèles trop gros pour tourner sur une machine de développeur classique. Si tu avais adopté Llama justement parce qu'il tournait sur ta machine, le signal était mauvais.
En mai, Behemoth est reporté sans date. On ne le reverra pas. Puis, en janvier 2026, Yann LeCun, alors encore la figure scientifique la plus connue de Meta, reconnaît publiquement que les résultats avaient été « fudged a little bit » (un peu arrangés). LeCun a fondé FAIR, le laboratoire de recherche de Meta.
Face à OpenAI et Google, Meta comptait sur la confiance des développeurs dans ses modèles ouverts. Llama 4 l'a entamée. Deux mois plus tard, Zuckerberg réorganise.
La mascotte de Muse exposée sur un stand à Meta Connect (Getty Images)

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14 milliards de dollars et un labo repensé de zéro

Zuckerberg répond par l'argent et les recrutements. Plus de 14 milliards de dollars investis dans Scale AI, Alexandr Wang nommé Chief AI Officer, Nat Friedman à la tête des produits, Meta Superintelligence Labs créé le 30 juin 2025. Six cents postes supprimés en octobre, Yann LeCun parti en novembre, et un premier modèle, Muse Spark, livré en avril 2026.
Le chèque fait à Scale AI, la société de données d'entraînement fondée par Alexandr Wang, dépasse les 14 milliards de dollars. Les sources varient entre 14,3 et 14,5 milliards, ce qui en fait l'un des plus gros investissements de l'histoire de l'IA. Wang arrive avec le titre de Chief AI Officer. Nat Friedman, ancien patron de GitHub, prend les produits. Le 30 juin 2025, l'ensemble prend un nom : Meta Superintelligence Labs, MSL en interne.
En octobre 2025, MSL supprime 600 postes, dont une partie des équipes de FAIR. Le 19 novembre, CNBC annonce que LeCun quitte Meta pour fonder AMI, une startup consacrée aux modèles du monde. Il part en écrivant que la création de FAIR reste « my proudest non-technical accomplishment ». La recherche fondamentale à la LeCun, ouverte et patiente, laisse la place à une culture de produit pilotée par d'anciens entrepreneurs.
Le 8 avril 2026, MSL sort son premier modèle. Muse Spark, nom de code interne Avocado, marque la rupture. CNBC rapporte la phrase de Wang au moment de la sortie :
"Nine months ago we rebuilt our AI stack from scratch." Alexandr Wang, Chief AI Officer, Meta (CNBC)
Les poids sont fermés : pour la première fois depuis 2023, tu ne peux plus télécharger le modèle phare de Meta. The Batch, la newsletter d'Andrew Ng, y voit un pivot assumé loin de la stratégie Llama. Côté performance, si tu lis le billet de Meta, tu y trouves 50,2 % sur Humanity's Last Exam, un examen de questions de niveau doctorat, en mode « Contemplating » (raisonnement long), contre 42,8 % en mode standard et 58,4 % avec outils. L'indice d'Artificial Analysis, qui agrège plusieurs benchmarks, le place à 43 à la sortie, puis 51 et 54 au fil des mises à jour, selon le site lui-même.
Dans le rapport de sécurité de Meta, d'ailleurs, les chercheurs ont mesuré l'« evaluation awareness », c'est-à-dire la capacité du modèle à deviner qu'il est en train d'être testé. Muse Spark le détecte dans 19,8 % des cas sur les benchmarks publics, contre 2,0 % sur les évaluations internes de Meta. Kili Technology en tire une conclusion sobre : un modèle qui reconnaît un benchmark public dix fois plus souvent qu'un test privé rend ses scores publics plus difficiles à interpréter. Après l'épisode LMArena, Meta a choisi de publier ce chiffre.

Spark, Code, Glimmer, Muse : quatre produits en cinq mois

Entre avril et septembre 2026, Meta décline Muse en quatre produits distincts : Spark, le modèle fermé de référence, Muse Code, un agent de programmation, Glimmer, un modèle ouvert sous licence Apache 2.0, et l'agent Muse grand public. Chaque produit vise un public différent, du développeur à l'utilisateur de WhatsApp.
Le 5 août, Meta sort Muse Code de bêta, un agent de programmation qui travaille dans le terminal, sur le modèle de Claude Code, l'agent d'Anthropic. Composio l'a comparé directement à l'outil d'Anthropic. Côté prix, Meta casse le marché : 1,25 dollar par million de tokens en entrée et 4,25 dollars en sortie, avec une offre « Contributor » à 0,10 et 0,20 dollar pour ceux qui acceptent que leurs sessions servent à entraîner les modèles de Meta. Codersera a détaillé ce que cet opt-in implique pour la confidentialité du code.
Cinq jours plus tard, le 10 août, Meta revient à l'open source avec Muse Glimmer. Un modèle dense de 30 milliards de paramètres (dense signifie que tous les paramètres travaillent à chaque requête, à l'inverse du mélange d'experts de Llama 4), publié sous licence Apache 2.0. InfoQ et VentureBeat soulignent qu'il est optimisé pour les tâches d'agent, et NVIDIA publie le jour même un guide pour le faire tourner en local. Apache 2.0 est une licence bien plus permissive que la licence maison de Llama, qui imposait des restrictions aux très grandes entreprises. Les développeurs retrouvent un modèle Meta téléchargeable, plus petit que Spark.
Le 8 septembre, c'est au tour du grand public. Meta présente Muse, un agent personnel capable d'envoyer des emails, de réserver, d'acheter et de naviguer sur le web pour le compte de l'utilisateur.
ProduitDatePublicModèle économiqueLicence
Muse Spark8 avril 2026Tous, via Meta AIGratuit dans les apps MetaPoids fermés
Muse Code5 août 2026 (fin de bêta)Développeurs1,25 $ / 4,25 $ par million de tokensPropriétaire
Muse Glimmer10 août 2026Développeurs, chercheursGratuitApache 2.0
Agent Muse8 septembre 2026Grand public, États-UnisGratuit, puis 20 $ ou 100 $ par moisPropriétaire
Muse for Small Business29 septembre 2026Petites entreprisesNon communiquéPropriétaire
Spark sert de modèle de base, Glimmer et Code visent les développeurs perdus avec Llama 4, et l'agent s'adresse aux milliards d'utilisateurs de Facebook, Instagram et WhatsApp. Le 29 septembre, CNBC Africa rapporte le lancement de Muse for Small Business, piloté par CJ Desai. À la conférence Connect, Meta a aussi présenté Muse Charm, un petit objet dédié à l'agent sur lequel je reviens plus bas.
Lors de la présentation des résultats de juillet 2026, Zuckerberg a fixé l'objectif : ces agents personnels doivent devenir « the foundation for our next wave of products and revenue lines ». Muse est le premier produit d'IA grand public de Meta à proposer un abonnement payant.

Ce que Muse doit à OpenClaw

Muse reprend la promesse d'OpenClaw, un agent qui agit sur ton ordinateur et tes comptes à ta place, et l'emballe dans une machine virtuelle sécurisée, une validation humaine avant chaque email ou achat, et une distribution à l'échelle de Meta. Nat Friedman assume l'inspiration publiquement et sans détour.
OpenClaw est né comme un projet personnel de Peter Steinberger, développeur autrichien passé par le monde iOS. L'outil donne à un modèle de langage les clés de ta machine : il lit tes messages, ouvre ton navigateur, remplit tes formulaires. Le projet a explosé au tournant de 2026, au point que des développeurs achetaient des Mac mini dédiés pour le faire tourner en permanence. Le 15 février 2026, SiliconANGLE annonce que Steinberger rejoint OpenAI. Dans son billet, il explique confier OpenClaw à une fondation indépendante.
Muse arrive sept mois plus tard avec la même promesse. La ressemblance est assez nette pour qu'Ansh Nanda, cofondateur d'une application d'IA, la résume en une phrase reprise par TechCrunch : « Muse is LITERALLY OpenClaw for normies ». D'ailleurs, The Decoder fait le même rapprochement, en même temps que le chiffre des 500 000 utilisateurs, issu de The Information. Sur Hacker News, dans le fil de lancement (666 points, 742 commentaires), sroerick formule le compliment à l'envers :
"Facebook is the first to market with a polished openclaw? Good for them… imagine using a Claw agent with zero tech support available." sroerick, Hacker News (fil)
Friedman, au contraire, ne conteste rien. Dans l'entretien à TechCrunch, il explique avoir voulu « build something like OpenClaw that we could make safe and secure and easy to use and scale to billions of people ». Sur X, il écrit simplement : « @steipete is a genius ». Quartz note que Meta reconnaît rarement une dette aussi franchement. En France, Yohann Poiron a résumé l'épisode dans Blog Nouvelles Technologies, sous un titre sans ambiguïté : « Meta avoue s'inspirer d'OpenClaw pour son agent IA Muse ».
La principale différence entre les deux produits porte sur la sécurité. Si ton agent lit tes emails, il peut tomber sur un message piégé, rédigé pour lui donner des ordres : c'est l'injection de prompt, une attaque où du texte malveillant se fait passer pour une instruction. OpenClaw te laissait gérer ce risque toi-même. Muse s'exécute dans une « Secure VM » isolée, surveillée par un système baptisé Sentinel, et demande une approbation avant tout email ou achat, selon l'annonce de Meta. David Singleton, chez Meta AI, a détaillé l'approche dans un fil sur X, cité sur Hacker News par Simon Willison :
"One threat we're particularly focused on is prompt injection, and we handle it in layers. The model is trained to recognize and resist it. The harness marks anything coming from an untrusted source. Deterministic code checks the result. And an ensemble of classifiers runs where the agent can't reach them." David Singleton, Meta AI (X)
Simon Willison se demande si ce « deterministic code » applique les idées du papier CaMeL de DeepMind, qui propose de séparer strictement le modèle qui planifie de celui qui lit les données non fiables. Si c'est le cas, Meta aurait industrialisé une piste de recherche publiée un an et demi plus tôt. Pour mieux comprendre comment ces couches s'empilent, j'ai détaillé l'architecture des agents de code IA dans un article précédent.
L'icône de l'app Muse sur un écran de smartphone, entre Messenger, Facebook et WhatsApp (Getty Images)

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Ce qu'en disent les utilisateurs, et ceux qui doutent

Les premiers retours saluent l'accessibilité, le navigateur intégré et les défenses contre l'injection de prompt. Les sceptiques, eux, rappellent qu'Alexa savait réserver un vol dès 2018 sans que personne s'en serve, que la confiance se gagne mal chez Meta, et que Glimmer reste moins rapide que la concurrence sur les tâches d'agent.
Un commentaire d'abixb sous le fil Hacker News résume le pari de Meta. Il raconte qu'une amie comptable, à qui il parlait des différents assistants, lui a répondu qu'elle utilisait « just ChatGPT, what is Sol? ». Sa conclusion : Meta vise le grand public, celui qui garde l'outil installé par défaut et ne compare jamais. Avec WhatsApp et Instagram déjà installés chez des milliards de personnes, Meta part de cette position. Business Insider confirme la montée de l'application en tête des classements, et TechCrunch décrit une entreprise qui met tout son poids derrière le produit.
weitendorf apprécie un détail technique : le navigateur intégré dont l'utilisateur peut reprendre la main à tout moment. Il pose aussi une question gênante. Si l'agent navigue depuis ton téléphone, ton téléphone devient-il un point de collecte résidentiel pour Meta ? À ma connaissance, personne chez Meta n'y a répondu publiquement. aryehof, de son côté, résume l'article de Reuters : Muse a été lancé malgré des inquiétudes internes sur la gestion des données sensibles, d'abord aux États-Unis seulement, et tu peux refuser que tes interactions servent à entraîner les modèles.
L'objection la plus argumentée vient de fnordpiglet. Il a essayé les assistants de bureau d'Anthropic et d'OpenAI, puis OpenClaw, et n'a jamais trouvé d'usage qui tienne dans la durée :
"I've yet to find a meaningful use of such an assistant. […] Paying my bills? Auto pay was like 25 years ago. […] I don't trust an LLM to make life decisions for me." fnordpiglet, Hacker News (commentaire)
Il raconte la seule tâche qu'il ait vraiment déléguée : acheter les manuels scolaires de sa fille sur un site pénible. L'agent l'a fait, lentement, et il conclut qu'un script Perl aurait été plus rapide. Pour lui, la plupart des tâches répétitives sont déjà automatisées par des outils sans IA, et celles qui restent sont justement celles où l'on veut garder la main.
nitwit005 va dans le même sens, avec un précédent :
"Highlighting a confirm button existing is recognizing the problem, but isn't a fix. […] Alexa could book a flight for you in 2018. I've never heard of anyone using that feature." nitwit005, Hacker News (commentaire)
Côté développeurs, cevheribozoglan a fait tourner Glimmer sur un DGX Spark dans son laboratoire maison. Verdict : le modèle « works well », mais sur les tâches d'agent, Nemotron de NVIDIA fait mieux en vitesse comme en qualité. À l'inverse, l'auteur de la newsletter Metedata défend dans un billet remarqué que Meta a surtout réussi le packaging, là où OpenClaw demandait un week-end de configuration.
ArgumentPour MuseContre Muse
Adoption500 000 utilisateurs en 7 jours, n°1 de l'App StoreAlexa savait réserver un vol en 2018, sans usage réel
SécuritéDéfenses en couches, VM isolée, validation humaineLancé malgré des inquiétudes internes (Reuters)
UtilitéAccessible sans configuration, intégré aux apps MetaLes tâches répétitives sont déjà automatisées
ConfianceOpt-out de l'entraînement disponibleHistorique de Meta sur les données personnelles
Les deux camps s'accordent sur la première semaine : le démarrage est rapide. Meta n'a pas encore publié de chiffres d'usage sur la durée.

Prix, licences et disponibilité

L'agent Muse est gratuit dans sa version de base et propose deux abonnements à 20 et 100 dollars par mois. Il est déployé aux États-Unis uniquement. Muse Code coûte nettement moins cher que ses concurrents, et Glimmer est libre sous Apache 2.0. La disponibilité européenne n'a pas été annoncée.
Les tarifs de l'agent, rapportés par Reuters, alignent Muse sur la grille du marché : 20 dollars par mois pour un usage régulier, 100 dollars pour un usage intensif. C'est le prix des abonnements premium de ChatGPT et de Claude, à quelques dollars près. La version gratuite sert de produit d'appel, distribuée dans des applications que tu ouvres déjà plusieurs fois par jour.
Muse Code se place en dessous du marché. À 1,25 dollar par million de tokens en entrée, il coûte une fraction des modèles de pointe d'Anthropic ou d'OpenAI. L'offre Contributor, à 0,10 dollar, divise encore la facture par douze, en échange des données de session. Si ton équipe manipule du code propriétaire, ce compromis pose une vraie question juridique. Si tu travailles sur un projet open source, il revient presque à un usage gratuit.
OffrePrixContrepartie
Agent Muse, version de baseGratuitOpt-out de l'entraînement disponible
Agent Muse, abonnement20 $ ou 100 $ par moisUsage plus intensif
Muse Code, standard1,25 $ / 4,25 $ par million de tokensAucune
Muse Code, Contributor0,10 $ / 0,20 $ par million de tokensSessions utilisées pour l'entraînement
Muse GlimmerGratuitLicence Apache 2.0
Sur la disponibilité, les annonces de Meta sont claires : l'agent est déployé aux États-Unis. Aucun calendrier européen n'a été communiqué. Du coup, depuis la France, on suit le lancement de loin.
La mascotte blanche de Muse tient une sphère de verre sur fond rouge, illustration de l'enquête de Wired sur les profils de proches (Wired)

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3,6 milliards de personnes par jour : ce que Meta gagne avec un agent gratuit

Meta peut offrir Muse parce qu'il se paie ailleurs. Ses applications touchent 3,6 milliards de personnes chaque jour, sa publicité a rapporté 60,8 milliards de dollars au deuxième trimestre 2026, et depuis décembre 2025 les échanges avec son IA servent à cibler les publicités. Muse s'ajoute à ce dispositif.
Les résultats du deuxième trimestre 2026 donnent l'échelle. Meta y déclare 3,60 milliards de « daily active people » en moyenne sur le mois de juin, c'est-à-dire de personnes qui ouvrent au moins une de ses applications (Facebook, Instagram, WhatsApp ou Messenger) chaque jour. C'est plus de deux fois et demie la population de la Chine. Sur le trimestre, le chiffre d'affaires atteint 60,8 milliards de dollars, en hausse de 28 %. Les impressions publicitaires progressent de 14 % et le prix moyen d'une publicité de 12 % : Meta montre plus de pubs et les vend plus cher. Mark Zuckerberg attribue cette accélération à l'IA :
"AI is accelerating our core business today, powering our next generation of products, and opening the door to entirely new enterprise opportunities." Mark Zuckerberg, fondateur et CEO de Meta (résultats Q2 2026)
Le « core business », c'est la publicité ciblée. Le 1er octobre 2025, Meta a publié un billet annonçant qu'à partir du 16 décembre, les conversations avec ses IA serviraient à personnaliser les contenus et les publicités, « dans la plupart des régions ». L'exemple donné par Meta : si tu parles de randonnée avec Meta AI, tu pourras voir des publicités pour des chaussures de randonnée. Les sujets sensibles (religion, santé, orientation sexuelle, opinions politiques) restent exclus du ciblage, selon le billet. Yahoo Finance indique que les utilisateurs ne pourront pas s'y opposer dans les réglages, sauf à ne jamais parler à l'IA, et Proton détaille la seule voie restante : un formulaire de demande d'opposition, à remplir pour chaque type de traitement.
Pour Muse, Meta trace une frontière plus fine. Selon la documentation de confidentialité que résume Notis, l'agent ne transmet ni les conversations ni les données de sa machine virtuelle aux systèmes publicitaires. Trois nuances suivent dans le même texte : quand Muse navigue sur le web, cela « apparaîtra comme ton activité » (traduit de l'anglais), les réservations qu'il effectue « peuvent influencer indirectement les publicités » que tu vois, et après une suppression, Muse « peut encore se souvenir » de ce qu'il en a appris. L'entraînement sur les conversations est, lui, activé par défaut. Si tu veux en sortir, c'est à toi d'aller le désactiver.
Ce que Muse toucheCe qu'en dit Meta
Conversations avec l'agentPas transmises aux systèmes publicitaires, utilisées pour l'entraînement sauf opt-out
Navigation web de l'agentComptée comme ton activité
Réservations et achatsPeuvent influencer indirectement les publicités
Données suppriméesL'agent peut encore s'en souvenir
Échanges avec Meta AI hors MuseUtilisés pour cibler les publicités depuis le 16 décembre 2025
Lily Hay Newman et Matt Burgess ont enquêté pour Wired sur ce que l'agent retient. Le chercheur Karan Joshi a extrait les instructions système de l'agent. On y lit que Muse crée « une page pour chaque personne de la vie de l'utilisateur » (traduit de l'anglais) et la met à jour toutes les heures : famille, partenaire, amis, collègues, personnes suivies. Wired note que des utilisateurs y branchent leurs comptes bancaires, leurs messageries et leurs données de santé. Muse tient en somme un carnet d'adresses qui se remplit tout seul, en écoutant ce que tu dis de tes proches, alors que ces proches n'ont jamais installé l'application.
Ajoute les connecteurs annoncés à Connect (Walmart, Best Buy, Sephora, PayPal, Expedia, Instacart) et le tableau se complète : chaque course, chaque billet de train, chaque cadeau d'anniversaire passe désormais par une application Meta. Meta promet que les conversations de Muse restent hors de la régie publicitaire. L'agent est gratuit. Côté bourse, l'action a gagné plus de 11 % le jour du lancement, selon CNBC.
Rendu officiel du Muse Charm : un disque noir à porter sur soi, avec la mascotte de Muse à l'écran (Meta via 01net)

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Muse Charm et Muse Gadgets : l'agent sort du téléphone

Le 23 septembre à Connect, Mark Zuckerberg a présenté Muse Charm, un porte-clés de la taille d'une paume qui embarque tout Muse, sans téléphone ni lunettes, livré pour les fêtes de décembre. Neuf jours plus tard, Meta ouvrait le matériel aux bricoleurs avec Muse Gadgets, publié sous licence Apache 2.0.
Sur scène, Zuckerberg sort de sa poche un petit disque noir où s'anime la mascotte de Muse. L'Associated Press décrit un porte-clés qui contient « toute l'expérience Muse » (traduit de l'anglais), présenté comme la pièce centrale de la stratégie de Meta. La séquence tient en une minute :
Regarder « Mark Zuckerberg présente le Muse Charm » sur YouTube
Le texte officiel de Meta reste sobre :
"Muse Charm is a delightful and fun device built for you to talk and interact with your Muse. It brings the power of Muse with a state of the art real-time voice model into a device that fits in your pocket. We'll have more to share later this year." Meta (The biggest news from Connect 2026)
Aucun prix n'a été annoncé. CNBC le décrit comme « un croisement entre un porte-clés Tamagotchi pour enfant et un bipeur médical » (traduit de l'anglais), et rapporte l'analyse de Mizuho, qui voit dans Muse la « killer app » fusionnée avec la stratégie matérielle de Meta. La même chaîne rappelle que Meta prévoit plus de 100 modèles de lunettes connectées d'ici fin 2026. Le contexte compte : depuis qu'Apple a restreint le suivi publicitaire sur iOS en 2021, Meta dépend des téléphones d'Apple et de Google pour toucher ses utilisateurs. Le Charm, lui, est un appareil Meta.
Collage Muse Gadgets : carte Raspberry Pi, écran rond et dongle Home Link, les briques ouvertes aux bricoleurs (Meta via Generation-NT)

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Le 2 octobre, Nat Friedman a complété le dispositif avec Muse Gadgets, détaillé par Karissa Bell chez Engadget. Meta publie un firmware pour ESP32, un microcontrôleur à quelques euros qui équipe une bonne partie des objets connectés du marché, et un SDK Linux pensé pour le Raspberry Pi 5. Pour la maison, Meta distribue gratuitement 5 000 exemplaires du Muse Home Link. Friedman le décrit ainsi :
"a little usb-c powered device that allows Muse to connect to your home network to talk to smart home devices like TVs and speakers and anything else that exposes https" Nat Friedman, head of product, Meta Superintelligence Labs (Engadget)
On retrouve la culture des Mac mini de janvier : l'équipe de Friedman laisse les bricoleurs inventer les objets, comme Steinberger avait inventé l'agent. Home Link relie aussi écrans, enceintes et télés à Muse.

Ce qui arrive, et quand

Muse est disponible aux États-Unis, gratuit jusqu'à une limite d'usage puis à 20 ou 100 dollars par mois. Le Muse Charm est attendu pour les fêtes de décembre, sans prix annoncé. Muse Gadgets est déjà ouvert aux bricoleurs. Rien n'est encore annoncé pour la France.
ProduitStatutPrixDisponibilité
Agent MuseLancé, n°1 de l'App Store américainGratuit jusqu'à une limite, puis 20 ou 100 $ par moisÉtats-Unis uniquement
Muse CodeLancé1,25 $ / 4,25 $ par million de tokensDéveloppeurs
Muse GlimmerModèle ouvert, licence Apache 2.0GratuitTéléchargeable
Muse CharmDévoilé à Connect le 23 septembreNon communiquéFêtes de décembre 2026
Muse GadgetsPublié le 2 octobre, licence Apache 2.0Gratuit (firmware ESP32, SDK Raspberry Pi 5)Via gadgets.muse.ai
Muse Home LinkDongle USB-C pour la maison connectée5 000 exemplaires distribués gratuitementNon précisée
Deux dates restent à fixer d'ici la fin de l'année. D'abord le prix et la date exacte du Muse Charm, que Meta promet de détailler « later this year ». Ensuite une éventuelle date d'arrivée en Europe, aujourd'hui absente de toutes les annonces. En attendant, je ne peux pas le tester depuis la France, et toi non plus.
Côté sécurité, Reuters rapporte que l'agent a été lancé malgré des inquiétudes en interne. Les attaquants disposent eux aussi d'outils qui progressent vite, comme le montre Claude Mythos et ses capacités en cybersécurité. Pour suivre l'arrivée de Muse semaine après semaine, l'actu IA du 21 septembre 2026 revient sur ses premiers jours.
Une remarque, une info sur Muse ? Envoie-moi un message sur Twitter/X ou en commentaire.
Alex

À retenir

  • Muse, l'agent grand public de Meta inspiré d'OpenClaw, a attiré 500 000 utilisateurs en une semaine et pris la tête de l'App Store américain
  • Gratuit jusqu'à une limite d'usage, puis 20 ou 100 dollars par mois, il est pour l'instant réservé aux États-Unis, sans date pour l'Europe
  • La gamme compte aussi Muse Code pour les développeurs et Glimmer, un modèle ouvert sous licence Apache 2.0
  • Meta touche 3,6 milliards de personnes par jour et utilise depuis décembre 2025 les échanges avec son IA pour cibler les publicités
  • Muse Charm, un porte-clés vocal dévoilé à Connect, arrive pour les fêtes de décembre, et Muse Gadgets ouvre l'agent aux objets connectés

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